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NJP : entretien “Love” avec Lee Fields

15 novembre 2019 Actu Reportages et interviews


Vendredi 15 novembre 2019

Entretien “Love” avec Lee Fields (traduit)
Entretien “Love” avec Lee Fields (english)

A l’occasion de son concert du mercredi 16 octobre 2019 au Chapiteau de la Pépinière dans le cadre du festival Nancy Jazz Pulsations, nous avons rencontré la légende vivante de la soul américaine Lee Fields.

En compagnie de Lee Fields au Nancy Jazz Pulsations, une véritable légende vivante de la soul music, 50 ans de musique depuis votre premier enregistrement audio, simple question, quelle est le secret de votre longévité ?

La longévité tient au fait de faire les choses de la bonne manière. Vous savez, nous, quand je dis nous, je parle du monde entier, nous avons tous été envoyés par Dieu ici bas pour faire les choses aussi bien que possibles. Mais on a aussi le choix de mal faire. Et ce qui a favorisé ma longévité est en ce qui me concerne d’avoir essayé de bien faire les choses et même si personne n’est parfait, d’être aussi bon que je puisse l’être. C’est l’objectif de chaque être humain. En effet, le but de chaque être humain, ce n’est pas de gagner tout l’argent du monde, ce n’est pas les biens matériels, c’est qui nous sommes en tant qu’être humain. Donc ce qui a contribué à ma longévité c’est d’avoir essayer de faire aussi bien que possible, même si je n’y suis pas toujours parvenu. On ne peut pas tout faire bien, mais au moins on essaye.

Lee Fields vous venez juste de sortir un nouvel album, toujours avec votre backing band The Expressions, “It rains love”, qu’est-ce que ça veut dire ?

J’ai pensé que ce serait bien si par exemple lors d’un orage chaque goutte de pluie qui toucherait une personne lui donnerait envie d’aimer son prochain. Chacun ferait attention à l’autre. Nos problèmes seraient résolus. Il n’y aurait plus d’agonie, plus rien ne serait responsable du chaos. Les gens prendraient soin les uns des autres, on résoudrait les problèmes. Les gens ne deviendraient qu’un comme avant la construction de la Tour de Babel. Nous pourrions constituer une société où nous pourrions résoudre les problèmes comme s’il ne faisait qu’un. Nous devons ne devenir qu’un. En résumé, tout le monde devrait aimer tout le monde. Les gouvernements devraient rester là où ils veulent. Cela n’a rien à voir avec la politique mais avec l’humanité, c’est-à-dire la capacité de passer à travers les obstacles. Et l’amour est la réponse.

S’il pleut de l’amour j’ai l’impression que Donald Trump a son parapluie

Quand la pluie de l’amour tombe, il faut replier son parapluie. Ca permet d’apprécier bien davantage son prochain. Il s’agit avec le temps dont on dispose de faire du monde un endroit meilleur. Mais si on court après le temps, si on ne contribue pas à cette chose magnifique, si on ne s’aime pas, notre futur sera très triste. Nous devons nous aimer. En tant qu’humain. Or nous ne le faisons pas.

Vous parlez d’amour, j’ai remarqué que vous aviez collaboré sur pas mal de projets en France, il y a une vrai histoire d’amour entre vous et la France

Oui, vous savez, je suis venu ici avec Martin Solveig avec qui j’ai enregistré ses premiers tubes au début des années 2000. Everybody, Jealousy, c’était moi. Et j’ai enregistré pour d’autres personnes aussi. J’aime collaborer avec différents artistes. Ce n’est pas nécessaire que ce soit mon projet, aussi longtemps que l’enregistrement a du succès. Je veux juste faire partie d’un projet qui réussisse. Je suis venu en France ici quatre ou cinq fois. Je suis venu avec Martin et seul plusieurs fois. Ça a toujours été magnifique.

Interview première fois, votre toute première émotion musicale

Par qui j’ai été influencé ? Quand j’étais enfant ? Oui, j’ai été influencé par les Beatles, Chuck Berry, Salomon Burke, James Brown, Otis Reding, Maurice Witterman and the Zodiacs. Oh j’ai été influencé par beaucoup de monde.

Le premier disque, premier enregistrement que vous avez acheté

Oh, le premier enregistrement que j’ai acheté, je crois que c’était les Drifters, Under the boardwalk.

Le premier slow que vous avez dansé et le nom de la fille

Le premier slow que j’ai dansé, je ne m’en souviens pas. Je me souviens avoir dansé avec une fille, mais je ne me souviens plus de son nom. J’avais 13 ou 14 ans, Vous savez, je me rappelle son visage mais pas son prénom.

Le premier concert auquel vous avez assisté

Le premier concert que j’ai vu, c’était à New York, j’avais 17 ans, et c’était Wilson Pickett à l’Apollo. J’avais déjà travaillé avec lui dans le Sud, avant de déménager en Caroline du Nord. Je ne suis pas allé à beaucoup de concerts dans mes premières années. Je faisais les premières parties de Wilson Pickett, Maurice Witterman and the Zodiacs, Gene Chandler, des artistes comme ça. En fait, j’étais moi-même sur scène donc je ne pouvais pas aller voir les autres, il fallait bien que je vive.

Le premier groupe avec lequel vous avez joué

Mon premier groupe, c’était les “Sting Raise” (ndlr : on pense que ça s’écrit comme ça !) avec moi et mon ami Douglas Howard.

La première fois que vous avez joué sur scène

La première fois que j’ai joué sur scène c’était un concours où un groupe m’avait pris comme chanteur. La première scène sur laquelle j’ai joué c’était au Playboy Club à Glousborough, ils l’ont renommé depuis. C’était la première scène mais il y a eu tellement de scènes depuis que je ne m’en rappelle pas. Mais c’était la première. Le Playboy Club.

Votre première mauvaise expérience dans le monde de la musique

Ma pire expérience en musique, je suis béni car jusque-là, tout s’est bien passé. Quand j’étais jeune, vers 16 ou 17 ans, on n’avait pas autant de public qu’on aurait espéré. En quelque sorte, c’était une mauvaise expérience quand on allait jouer dans des clubs, et qu’il n’y avait que quelques personnes. Mais ce n’est pas une mauvaise expérience musicale. La musique, c’est comme un rêve. Elle m’a tant apporté. Elle a été si généreuse pour moi. Les gens me réclament depuis 50 ans et continuent de me réclamer. La musique a été tellement bonne avec moi.

La première fois que vous avez ressenti que vous étiez fait pour faire de la musique

Quand j’étais un enfant, à l’âge de 7 ou 8 ans, ma mère m’a appelé moi et mon frère pour jouer devant des invités à la maison. Il jouait de la guitare et je chantais. On interprétait les chansons des Everly Brothers. Wake up little Suzy nottament. En fait j’avais peut-être 6 ans. On nous donnait 50 pences, ce qui était déjà beaucoup d’argent pour un gamin. Depuis ce moment, je n’ai fait que chanter et chanter. Je ne connais que ça. J’ai eu de la chance car Dieu m’a toujours donné du travail. J’ai pu élever mes enfants, investir mon argent avec sagesse. J’ai grandi comme ça et je fais toujours ce que j’aime faire. Ça a été un incroyable voyage. Mais je crois que tout cela est du à la foi, car je crois que l’amour est vraiment ce qui compte. (il chante) « Wake up little Suzy », c’était ce que je chantais des Everly Brothers. C’était chouette. Je chante parfois cette chanson quand je pense à mon frère qui n’est plus là. Dans tout cela, il s’agit d’amour. Et les gens qui viennent me voir, quand ils repartent, ils le savent. L’amour est vraiment nécessaire dans le monde d’aujourd’hui pour nous aider à aller vers le futur. Sans amour, nous serions dans une mauvaise situation. Nous avons besoin de nous aimer les uns les autres. La haine ne le fera pas. C’est d’amour qu’il faut.

Traduction : Stéphane Godet

Voix française de Lee Fields Quentin Poirine


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